.
{acf_vo_headline}

La petite reine a le vent dans les voiles. Le tourisme à vélo génère plus de 800 millions de dollars de dépenses touristiques par année au Québec, révèle une récente étude de retombées économiques.

De ce nombre, près de 661 millions viennent de la poche de cyclistes québécois et 142 millions, de touristes canadiens, français et américains, observe-t-on dans le portrait réalisé par la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM pour le compte de Vélo Québec.

L’étude, portant sur les données de 2024, regroupe plusieurs catégories de cyclistes, des cyclotouristes qui ne se déplacent qu’avec leur monture pour la durée de leur séjour jusqu’aux excursionnistes qui font une randonnée de quelques heures.

Le rapport, qui reprend le modèle intersectoriel de l’Institut de la statistique du Québec, chiffre à 467 millions la valeur ajoutée au PIB du Québec du tourisme à vélo, un bond de 35 % par rapport à 2015.

Le secteur soutient 6445 emplois et rapporte 145 millions en taxes et en impôts aux deux ordres de gouvernement.

En guise de comparaison, les dépenses des touristes de croisières se chiffrent à 329,3 millions de dollars en 2024, pour 2300 emplois dans la province, selon l’Association des croisières du Saint-Laurent.

Dynamisme

Loin de vouloir comparer son secteur à d’autres, le directeur du développement chez Vélo Québec, Julien Puget, se réjouit de voir le voyage à bicyclette prospérer.

« Les gens ne pensent pas nécessairement que le vélo a autant d’impact [économique]. Mais c’est un secteur d’activité qui est très dynamique. On a vu l’accélération au sortir de la pandémie et elle se maintient depuis », a-t-il expliqué en entrevue au Devoir.

Les dépenses touristiques des adeptes de bécanes ont notamment bondi de près de 100 millions depuis 2015, date de la dernière étude du genre.

En une décennie, la pratique du vélo a énormément évolué, croit Julien Puget.

« Il y a de plus en plus d’infrastructures cyclables protégées qui permettent à plus de gens de se déplacer à vélo, mais aussi d’en faire une activité [de loisir]. L’industrie touristique s’est aussi saisie du vélo et a structuré son offre. Il y a de plus en plus d’associations touristiques régionales qui ont décidé d’en faire un produit phare. On ne fait plus seulement du vélo, mais on visite une région », estime le dirigeant de Vélo Québec.

« Le phénomène est fort, puisqu’il est à la confluence de plusieurs tendances : la mobilité active en tourisme, mais aussi un goût de découverte du territoire autrement et une quête d’authenticité », observe Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat.

L’arrivée du vélo électrique est également venue changer la donne. Un sondage Léger réalisé conjointement avec l’étude évalue que 15 % des pratiquants dans un contexte récréatif et touristique possèdent une monture électrique.

« Ça donne un élan dans la pratique. L’assistance électrique permet à de plus en plus de gens de faire du vélo, d’aller plus loin, plus longtemps, et de gommer un petit peu les différences physiques au sein d’un groupe », illustre M. Puget.

Les cyclotouristes purs et durs restent cependant une minorité : seuls 5 % des cyclistes ont indiqué avoir fait un voyage de plusieurs jours en itinérance complète lors de la dernière année.

Nouvel outil

Pour soutenir cette manne touristique, Vélo Québec lance officiellement mardi une nouvelle plateforme Web qui vient centraliser les infrastructures cyclistes de la province.

Le site Québec à vélo regroupe en un seul endroit 5200 entreprises (hébergement, restaurants, boutiques de location ou de réparation de vélos et attraits touristiques) accessibles aux cyclistes.

L’outil permet également de se forger un itinéraire détaillé au sein du réseau cyclable de la province, en plus d’offrir des parcours thématiques, par région ou par attraits.

Développée au coût de 400 000 $, la plateforme s’adresse tant aux néophytes qu’aux routards confirmés. Elle tentera de se faire une place dans la poche de cuissard des cyclistes aux côtés d’applications populaires comme Google Maps, Strava ou Ride with GPS.

« On a la chance au Québec d’avoir une offre touristique à vélo très diversifiée, à la fois sur route, sur gravelle, en vélo de montagne ou en fat bike, dans plusieurs régions très dynamiques. Mais c’est venu avec une dispersion de l’information sur différentes plateformes. Notre souhait, c’est vraiment de mettre en valeur le travail de ces différents partenaires régionaux pour mieux faire rayonner leur offre », soutient Julien Puget.

Ce reportage bénéficie du soutien de l’Initiative de journalisme local, financée par le gouvernement du Canada.

Laisser un commentaire

Oui SVP, inscrivez-moi à l'infolettre du Val-Ouest pour recevoir un lien vers les nouveaux articles chaque semaine!

À lire aussi